INTRODUCTION
RECIFS DE CORAIL Grâce à la capacité de ces écosystèmes de se construire en "véritables cités", presque chaque genre animal de la planète y a un représentant (Salvat et Pailhe, 2002). Sur une liste de 34 genres d'animal, 32 se touvent dans les récifs coralliens contre seulement 9 dans les forêts tropicales. Son processus de vie est extrêmement complexe car il possède un haut taux d'interdépendance entre les organismes qui l´habitent. La spécialisation de ces organismes réduit la flexibilité de l'écosystème, le rendant fragile et plus susceptible au stress et aux changements de l'environnement. La santé de ces milieux est un sujet critique pour des centaines de millions de personnes dans les tropiques, qui dépendent des récifs pour leur subsistance et leur culture. Des estimations indiquent que 500 millions d'habitants de pays en voie de développement dépendent d'une mnière ou d'une autre des récifs coralliens.(Wilkinson, 2002). Au Brésil, les récifs de corail s'étalent sur près de 3.000Km sur la côte nord-est, depuis le sud de Bahia jusqu'au Maranhão, et constituent les seuls écosystèmes récifaux de l'Atlantique Sud (Maida et Ferreira, 1997). La majorité des espèces de corail qui forment ces récifs est endémique des eaux brésiliennes, où elles contribuent à la formation de structures qu'on ne retrouve dans aucune autre partie du monde, ce qui les rend particulièrement importantes (Maida et al.,1997). Sur plus de 350 espèces de corail existantes dans le monde, au moins 20 se trouvent au Brésil, dont 8 sont endémiques, c'est à dire qu'elles se rencontrent seulement dans les eaux brésiliennes. Cet état de faits confère à nos récifs la plus grande proportion d'endémisme de corail de la planète. Suite à une utilisation désordonnée au fil des ans, plusieurs récifs brésiliens, principalement ceux de la côte, sont en processus acceléré de dégradation. Des élèments évidents montrent que l'utilisation inadéquate de ces écosystèmes par la pêche, les activités touristiques, le mauvais usage de la terre en bord de mer et sur les berges des rivières (causant un excès de sédimentations) et la pollution côtière, peut compromettre l'avenir de ces milieux. (Maida et al., 1997). L'Ecosystème Récifal Un récif de corail, d'un point de vue géomorphologique, est une structure rocheuse, rigide, résistante à l'action mécanique des vagues et courants marins et construite par des organismes marins (animal et végétal) porteurs d'un squelette calcaire (Leão, 1994). En général, on utilise le terme "de corail" à cause du rôle prépondérant que jouent ces organismes dans les récifs de plusieurs parties du monde. D'un point de vue biologique, des récifs coralliens sont des formations créées par l'action de groupes d'organismes dudit genre de "corail". Bien que la structure basique des récifs biogéniques soit, en général, formée par l'accumulation de squelettes de ces animaux, il est nécessaire, pour leur formation, l'action conjointe d'une infinité d'êtres, qui forment la chaîne complexe d'associations et d'évènements en cascade. Dans certains récifs, y compris au Brésil, la croissance d'autres organismes, telles que les algues calcaires, peut avoir une importance égale voire plus grande que celle des coraux eux-mêmes (Kikuchi & Leão, 1997). Enfin, d'autres organismes peuvent former de grands dépots de carbonate de calcium comme les algues rodofites, les gastéropodes, polychaetas, ou, même les huîtres. Les coraux récifaux ont besoin d'eaux chaudes pour se développer de manière adéquate. c'est pourquoi les récifs formés par ces animaux se trouvent sur une large bande qui fait le tour de la planète et peut être divisée en deux parties égales par la ligne de l'Equateur. Pour cette raison, la distribution des récifs de corail est souvent utilisée pour déterminer les mers tropicales du monde. Concernant exclusivement les conditions thermiques, les conditions idéales pour le développement des coraux récifaux sont une eau à une température moyenne annuelle variant entre 23 et 25ºC. Cependant l'immense bande de distribution potentielle des récifs est fréquemment interrompue par des courants marins froids et d'autres conditions abiotiques, qui rendent difficile les possibilités de survie du corail. La température variable est une des principales responsables de l'existence ou non des récifs coralliens sur de larges superficies marines. D'autres facteurs, tels que la profondeur, la transparence et la salinité de l'eau limitent également leur existence. Le développement de la production de squelette associé à la présence des zooxantelles est considéré comme un des principaux facteurs qui restreignent la présence des récifs de corail a de basses profondeurs, à près de 50 m. Ces algues ont besoin de luminosité pour réaliser la photosynthèse. La quantité de lumière diminue au fur et à mesure que la profondeur augmente. La colonne d'eau fonctionne comme un filtre bleu, toujours plus intense, jusqu'à bloquer totalement le passage de la lumière, inhibant ce processus. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, les récifs de corail ont une grande importance biologique car ce sont les systèmes marins avec la plus grande diversité. Les milieux coralliens sont eux aussi d'une grande importance pour l'homme brésilien sur divers aspects: En termes physiques – parce qu'ils protègent les régions côtières de l'action de la mer dans diverses zones du littoral brésilien; En termes biologiques – parce que la grande diversité et la quantité d'organismes présents s'associent en chaîne alimentaire d'une grande complexité, où culminent les grands prédateurs. La majorités de ces organismes est utilisée comme ressource de pêche pour l'alimentation humaine, en outre, les récifs fonctionnent comme de véritables berceaude poissons, renouvellant les stocks et, notamment dans le cas des zones protégées, en favorisant le repeuplement des zones intensément exploitées; En termes biochimiques – parce que les milieux coralliens fournisssent également la matière-première pour les recherches dans le domaines de la pharmaceutique. A cause de la complexité des chaînes alimentaires et à l'intensité de la compétition pour l'espace entre les organismes des récifs, beaucoup d'entre-eux produisent d'innombrables substances chimiques. Celles-ci sont utilisées, entre autres, comme protection contre les prédateurs et comme inhibitrices de l'occupation de l'espace par les compétiteurs (Pennings, 1997). Ds chercheurs en pharmacologie veulent extraire et isoler ces substances pour tester leurs propriétés dans le traitement des maladies et disfonctionnements de l'homme. (Rinehart,1988). UNITES DE CONSERVATION Les unités de conservation font partie de la société humaine depuis l'antiquité.Avec des concepts en constante évolution, l'installation de zones protégées ou unités de conservation représente une des principales stratégies de conservation de la biodiversité dans le monde. On peut affirmer que les unités de conservation sont les seules créations humaines destinées au bénéfice des populations comme un tout. Les unités doivent être représentatives des milieux à protéger et doivent fonctionner de manière efficace. En accord avec les efforts internationaux pour la conservation, le Brésil a lui aussi établi un système de zones protégées. Par rapport aux systèmes terrestres, les processus et populations océaniques sont encore méconnus, ce qui peut conduire à prendre des décisions inappropriées concernant sa gestion. Historiquement, les océans ont été perçus et gérés comme des zones ouvertes d'accès commun et sont fréquemment sujet à des conflits pour cause d'utilisations multiples. Ceci est un des plus grands défis qu'affrontent ceux qui établissent des zones protégées côtières et marines (Salm et al.,2000). On peut dire que la création de zones protégées sur la partie côtière et marine est plus récente, la majorité étant créée avec l'intention de conserver la biodiversité et d'y maintenir ses habitants. D'un autre côté, ce mécanisme est perçu aussi comme une nouvelle façon de gérer la pêche, surtout en zone récifale où les prises sont de multiples espèces et où la manière conventionnelle de gestion n'a plus d'effet. On note une augmentation du nombre de publications où les auteurs suggèrent d'établir des unités de conservation marine comme moyen pour aider à la réhabilitation des stocks de poissons dits menacés. Ces zones fonctionnent comme berceau et source d'exportations d'individus adultes pour des secteurs adjacents. (Roberts, 1997; Russ,1996, Balantine, 1996, Roberts, et al., 2003 and Luchenco, et al.,2003). De nombreux habitats côtiers et marins ont bénéficié d'une protection spéciale dans divers pays suite à la présence d'êtres, vitaux pour la réalisation du cycle de reproduction de certaines espèces migratoires et/ou menacées, ce qui est particulièrement important quand on attend de ces populations, aujourd'hui menacées, qu'elles augmentent en nombre et en répartition, faisant ainsi des Unités de Conservation, des banques génétiques de grande valeur pour le processus de repeuplement. (Prates et al., 2000). Plusieurs auteurs reconnaissent que la création et la gestion effective d'un système représentatif des zones marines protégées sont un des outils les plus puissants pour la conservation des récifs de corail (Bohnsack, 1997; IUCN, 1995; Kelleher, 1999; Salm et al., 2000 entre autres). Au Brésil, l'établissement d'espaces territoriaux protégés, dans toutes les Untés de la Fédération, est l'attribution des pouvoirs publics. Cette attribution a été récemment sanctionnée par la loi nº 9.985, du 18 juillet 2000, qui institue le Système National des Unités de Conservation – le SNUC, dans lequel est réuni tous les instruments et normes existant à ce sujet, délimitant ainsi la création, l'implantation, la consolidation et la gestion de ces unités. L'importance d'instituer un Système National des Unités de Conservation réside dans la définition, l'uniformisation et la consolidation des critères pour établir et gérer ces unités. Ainsi étant, par l'intégration de plusieurs systèmes, le Gouvernement fédéral s'allie aux Etats et aux Communes pour une meilleure protection de l'environnement dans le pays. Le Brésil possède une grande extension de zones protégées par les trois niveaux de gouvernement (fédéral, estadual et municipal), lesquels se divisent en cinq grands biomas (Guatura, 2000). Selon le SNUC, on définit les unités de conservation comme: "un espace territorial et ses ressources naturelles, y compris les eaux juridictionnelles, aux caractéristiques naturelles marquantes, légalement institué par les pouvoirs publics, aux objectifs de conservation et limites définis, sous le régime spécial de l'administration, régime auquel s'appliquent des garanties adéquates de protection¨. Les unités de conservation au Brésil sont réparties sur tout son littoral, comprenant presque toutes les îles océaniques du pays, et représentent un large système avec différentes catégories de gestion, ceci sur les trois niveaux de gouvernement: fédéral, estadual et municipal. (Prates et Pereira 2000). Pourtant, les diagnostiques de PROBIO (MMA, 2002), par exemple, confirment que la portion terrestre est plus largement protégée que les espaces maritimes, à l'exception des îles océaniques. La situation identifiée la plus critique se réfère aux écosystèmes de récifs de corail brésiliens, qui subissent un fort impact de l'action de l'homme. Il faut toutefois implanter et/ou créer de nouvelles unités de conservation, de même qu'établir un programme de recherche et de surveillance spécifique. Les unités de conservation qui englobent des communautés récifales sont déjà réparties sur pratiquement toutes les principales zones récifales du Brésil et se divisent, pour leur gestion, en deux grands groupes: Protection Complète, comme les Réserves Biologiques et les Parcs Nationaux, où l'on admet seulement l'utilisation indirecte des ressources naturelles; et Utilisation pour les besoins, comme les Zones de Protection de l'Environnement et les Réserves Extrativistas, qui autorisent l'utilisation pour les besoins d'une partie de ses ressources naturelles. Ces différentes catégories surgissent en commun accord avec les études et les demandes de la communauté, conformément aux caractéristiques et aux alternatives locales pour la conservation des ressources naturelles. Sur les 3.000 Km de littoral sur lequel se trouvent les récifs, il existe neuf unités de conservation marine, entre les fédérales, estaduales et municipales, qui englobent ainsi des communautés récifales significatives.
La Zone Protégée "APA Recife das Pinaúnas"(Récifs des Oursins)
Créée dans la commune de Vera Cruz, sur l'île d'Itaparica par l'arrêté municipal n°467 du 20/10/1997 - elle est considérée comme extrêmement importante pour la reproduction de diverses espèces marines telles que tortues, baleines, dauphins, poissons et langoustes. Malgré cela, elle subit de forts impacts négatifs: pêche excessive, pratiques de pêche illégales comme l'utilisation de bombes, tourisme désordonné, déboisement, disposition inadéquate pour les ordures, pollution des mers et des rivières... La Zone Protégée (APA) du récif des Pinaúnas, nommée APA PINAÚNAS a été créée avec l'objectif de :
En 2005, par le Décret nº 81/2005, le meneur- partenaire d'Avina RMCH-BR, José Roberto Caldas Pinto,(Zé Pescador) habitant de l'île d'Itaparica, a été nommé gérant volontaire de lÚnité de Conservation et, conscient de l'importance de la réhabilitation du milieu récifal, a proposé le projet Maré Global. Références Bibliographiques ADEY, W. H. 2000. Coral reef Ecosystems and Human Health: Biodiversity Counts! Ecosystem health. 6:227-236. BRANNER, J. 1904. The stone reefs of Brazil, their geological and geographical relations, with a chapter on the coral reefs. Bull Mus Comp Zool Cambridge (Geol.) 44 (7): 1-285. CASTRO, C. B. & PIRES, D. O. 2001. Brazilian coral reefs: what we already know and what is still missing. Bulletin of Marine Science. 69 (2): 357-371. DARWIN, C. 1841. On a remarkable bar of sandstone off Pernambuco on the coast of Brazil. Edinburg and Dublin Phil. Magazine and Journal Science 19 (3): 2. FERREIRA, B. P.; MAIDA, M.; CAVA, F. 2001Características e perspectivas para o manejo da pesca na APA marinha Costa dos Corais. In: Anais do II Congresso Brasileiro de Unidade de Conservação. Campo Grande, MS. Pg. 50-58. FERREIRA, B. P. & MAIDA, M. 2001. Fishing and the Future of Brazil´s Northeastern Reefs. InterCoast. 38: 22-23. GARZÓN-FERREIRA, J.; CORTÉS, J.; CROQUER, A.; GUZMÁN, H.; LEAO, Z.; RODRÍGUEZ-RAMÍREZ, A. 2002. Status of coral reefs in southern tropical america in 2000-2002: Brazil, Colombia, Costa Rica, Panama and Venezuela. In: Status of coral reefs of the world: 2002. p. 343-360. HARTT, C. P. 1870. Geology and physical geography of Brazil. Fields, Osgood & Co. Boston. HOEGHE-GULDEBERG, H.; HOEGHE-GULDEBERG, O. 2004. The implications of Climate Change for Australia’s Great Barrier Reef: People and Industries at Risk. WWF Australia, Queensland Tourism Industry Council, Sydney. LABOREL, J. 1970. Les peuplements de madréporaires des cotes tropicales du Brésil. In: Annales de L’Université D’Abidjan (série E) 2(3):1-260. LEÃO, Z.M.A.N. 1994. The coral reefs of Southern Bahia. Pp 151-159. In: Hetzel, B. & Castro, CB. Corais do Sul da Bahia. Nova Fronteira, Rio de Janeiro. MAIDA, M. & FERREIRA, B. P. 1997. Coral reefs of Brazil: an overview. Proc. 8th Int Coral Reef Sym. v.1, p.263-274. MAIDA, M. & FERREIRA, B. P. 2003. Área de Proteção Ambiental Costa dos Corais. In: Prates, A. P. L. 2003. Atlas dos recifes de coral nas unidades de conservação brasileiras. MMA. 180p. MAIDA, M.; FERREIRA, B. P.; BELLINI, C. 1995. Avaliação preliminar do recife da Baía do Sueste, Fernando de Noronha, com ênfase nos corais escleractíneos. Bol. Tec. Cient. CEPENE. Vol 3 (1): 37-47. MAIDA, M., PAULA PONTES, A. C., FERREIRA, B. P., CASTRO, C. B., PIRES, D. O. & RODRIGUES, M. C. M. (organizadores). 1997. Relatório do Workshop sobre os Recifes de Coral Brasileiros:Pesquisa, Manejo Integrado e Conservação. Iniciativa: Sociedade Brasileira de Estudos de Recifes de Coral (CORALLUS). Local: Centro de Pesquisa e Extensão Pesqueira do Nordeste (CEPENE-IBAMA). Tamandaré, 09 - 15 de março de 1997. MAIDA, M. 2003. Área de Proteção Ambiental Costa dos Corais. In: Prates, A. P. L. 2003. Atlas dos recifes de coral nas unidades de conservação brasileiras. MMA. 180p. MORAES, A. C. R. 1999. Contribuições para a Gestão da Zona Costeira do Brasil: elementos para uma geografia do litoral brasileiro. Hucitec, Edusp. São Paulo. 229p. SPIX, J.B.; MARTIUS, C.F.P. 1981. Viagem pelo Brasil, 1817-1820. São Paulo: Ed. Itatiaia, Ed. Universidade de São Paulo, v. 2. THURMAN, H.V. 1997. Animals of Benthic Environment. Pp. 428-459. In: Thurman, H.V. (ed) Introductory Oceanography. 8th Edition. Prentice-Hall. WILKINSON, C. 2000. Status of Coral reefs of the World: 2000. Townsville, Australia, Australian Institute of Marine Science and the Global Coral Reef Monitoring Network: 363 pp. WILKINSON, C. 2002. The Status of the Coral Reefs of the World: 2002. Townsville, Australia, Australian Institute of Marine Science and the Global Coral Reef Monitoring Network: 378 pp.
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